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programme officiel terminale spécifique 2013
Classe terminale de la série économique et sociale

Enseignement spécifique

Ce programme s’inscrit dans le cadre des grandes orientations fixées pour le cycle terminal dans le préambule rédigé pour le programme de la classe de première auquel on se reportera. Il est présenté en trois colonnes : la première colonne décline chaque thème sous forme de questions ; les indications complémentaires explicitent et délimitent le contenu de chacune d’entre elles ; les notions figurant en colonne centrale, de même que les « acquis de première » rappelés en colonne 3, sont les notions indispensables pour traiter chaque question. Les épreuves du baccalauréat portent sur l’intégralité du programme tel qu’il figure ci-dessous ; les indications complémentaires bornent ce qui est exigible.

Science économique (durée indicative : 80 heures)

1. Croissance, fluctuations et crises

1.1 Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Notions : PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital.

En s’appuyant sur le programme de première, on s’interrogera sur l’intérêt et les limites du PIB. L’étude de séries longues permettra de procéder à des comparaisons internationales. À partir d’une présentation simple de la fonction de production, on exposera la manière dont la théorie économique analyse le processus de croissance. On fera le lien entre la productivité globale des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de croissance endogène en montrant que l’accumulation du capital, sous ses différentes formes participe à l’entretien de la croissance. On mettra l’accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.

Acquis de première : facteurs de production, production marchande et non marchande, valeur ajoutée, productivité, institutions, droits de propriété, externalités.

1.2 Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?

Notions : Fluctuations économiques, crise économique, désinflation, dépression, déflation.

L’observation des fluctuations économiques permettra de mettre l’accent sur la variabilité de la croissance et sur l’existence de périodes de crise. On présentera les idées directrices des principaux schémas explicatifs des fluctuations (chocs d’offre et de demande, cycle du crédit), en insistant notamment sur les liens avec la demande globale. On analysera les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation et dépression économique et leurs conséquences sur le chômage de masse.

Acquis de première : inflation, chômage, demande globale.

2. Mondialisation, finance internationale et intégration européenne

2.1 Quels sont les fondements du commerce international et de l’internationalisation de la production ?

Notions : Avantage comparatif, dotation factorielle, libre-échange et protectionnisme, commerce intra-firme, compétitivité prix et hors prix, délocalisation, externalisation, firmes multinationales, spécialisation.

En partant d’une présentation stylisée des évolutions du commerce mondial et en faisant référence à la notion d’avantage comparatif, on s’interrogera sur les déterminants des échanges internationaux de biens et services et de la spécialisation. On analysera les avantages et les inconvénients des échanges internationaux pour les producteurs comme pour les consommateurs. On présentera à cette occasion les fondements des politiques protectionnistes et on en montrera les risques. On s’interrogera sur les effets d’une variation des taux de change sur l’économie des pays concernés. En s’appuyant sur des données concernant le commerce intra-firme et sur des exemples d’entreprises multinationales, on abordera la mondialisation de la production. On analysera les choix de localisation des entreprises et leurs stratégies d’internationalisation. On étudiera à cette occasion les principaux déterminants de la division internationale du travail, en insistant sur le rôle des coûts et la recherche d’une compétitivité hors prix.

Acquis de première : gains à l’échange.

2.2 Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

Notions : Euro, union économique et monétaire.

Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera qu’en se dotant d’un grand marché intérieur et d’une monnaie unique, les pays européens mènent une expérience originale d’intégration plus étroite de leurs économies. On montrera que l’union monétaire revêt une importance particulière dans le contexte monétaire et financier international, et qu’elle renforce les interdépendances entre les politiques macroéconomiques des États membres. On s’interrogera sur les difficultés de la coordination des politiques économiques dans l’Union européenne.

Acquis de première : banque centrale, politique budgétaire, politique monétaire, politique conjoncturelle.

3. Économie du développement durable

3.1 La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?

Notions : Capital naturel, physique, humain, institutionnel, biens communs, soutenabilité, réglementation, taxation, marché de quotas d’émission.

On expliquera pourquoi l’analyse économique du développement durable, qui se fonde sur la préservation des possibilités de développement pour les générations futures, s’intéresse au niveau et à l’évolution des stocks de chaque type de capital (accumulation et destruction) ainsi qu’à la question décisive du degré de substitution entre ces différents capitaux. On évoquera, à l’aide d’exemples, les limites écologiques auxquelles se heurte la croissance économique (épuisement des ressources énergétiques et des réserves halieutiques, déforestation, augmentation de la concentration des gaz à effet de serre, etc.). L’exemple de la politique climatique permettra d’analyser les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour mener des politiques environnementales. En lien avec le programme de première sur les marchés et leurs défaillances, on montrera la complémentarité des trois types d’instruments que sont la réglementation, la taxation, les marchés de quotas d’émission.

Acquis de première : externalités, droits de propriété, offre et demande, défaillances du marché.

Sociologie (durée indicative : 50 heures)

1. Classes, stratification et mobilité sociales

1.1 Comment analyser la structure sociale ?

Notions : Inégalités économiques, inégalités sociales, classes sociales, groupes de statut, catégories socioprofessionnelles.

On mettra en évidence le caractère multiforme des inégalités économiques et sociales ainsi que leur aspect parfois cumulatif. On procédera à des comparaisons en utilisant les principaux indicateurs et outils statistiques appropriés. On présentera les théories des classes et de la stratification sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) ainsi que leurs prolongements contemporains et on s’interrogera sur leur pertinence pour rendre compte de la dynamique de la structuration sociale. On mettra en évidence la multiplicité des critères de différenciation sociale dans les sociétés post-industrielles (statut professionnel, âge, sexe, style de vie).

Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de transfert, groupe social.

1.2 Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

Notions : Mobilité intergénérationnelle/intra-générationnelle, mobilité observée, fluidité sociale, déclassement, capital culturel, paradoxe d’Anderson.

Après avoir distingué la mobilité sociale intergénérationnelle d’autres formes de mobilité (géographique, professionnelle), on se posera le problème de sa mesure à partir de l’étude des tables de mobilité sociale dont on soulignera à la fois l’intérêt et les limites. On distinguera la mobilité observée et la fluidité sociale et on mettra en évidence l’existence de flux de mobilité verticale (ascendante et descendante) et horizontale. On étudiera différents déterminants de la mobilité et de la reproduction sociale : l’évolution de la structure socioprofessionnelle, le rôle de l’école et de la famille. Acquis de première : groupe d’appartenance, groupe de référence, socialisation anticipatrice, capital social.

2. Intégration, conflit, changement social

2.1 Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

Notions : Solidarité mécanique / organique, cohésion sociale.

Après avoir présenté l’évolution des formes de solidarité selon Durkheim, on montrera que les liens nouveaux liés à la complémentarité des fonctions sociales n’ont pas fait pour autant disparaître ceux qui reposent sur le partage de croyances et de valeurs communes. On traitera plus particulièrement de l’évolution du rôle des instances d’intégration (famille, école, travail) dans les sociétés contemporaines et on se demandera si cette évolution ne remet pas en cause l’intégration sociale.

Acquis de première : socialisation, sociabilité, anomie, désaffiliation, disqualification, réseaux sociaux.

2.2 La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ?

Notions : Conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat.

On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à partir de grilles de lecture contrastées : comme pathologie de l’intégration ou comme facteur de cohésion ; comme moteur du changement social ou comme résistance au changement. On s’intéressera plus particulièrement aux mutations des conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des finalités de l’action collective.

Acquis de première : conflit.

Regards croisés (durée indicative : 40 heures)

1. Justice sociale et inégalités

1.1 Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ? Égalité, discrimination, assurance / assistance, services collectifs, fiscalité, prestations et cotisations sociales, redistribution, protection sociale. On s’interrogera sur les fondements des politiques de lutte contre les inégalités en les reliant à la notion de justice sociale ; on rappellera à ce propos que toute conception de la justice doit répondre à la question : « L’égalité de quoi ? ». On distinguera égalité des droits, égalité des situations et égalité des chances. On analysera les principaux moyens par lesquels les pouvoirs publics peuvent contribuer à la justice sociale : fiscalité, redistribution et protection sociale, services collectifs, mesures de lutte contre les discriminations. On montrera que l’action des pouvoirs publics s’exerce sous contrainte et qu’elle fait l’objet de débats quant à son efficacité : risques de désincitation et d’effets pervers.

Acquis de première : État-providence, prélèvements obligatoires, revenus de transfert.

2. Travail, emploi, chômage

2.1 Comment s’articulent marché du travail et gestion de l’emploi ?

Notions : Taux de salaire réel, salaire d’efficience, salaire minimum, contrat de travail, conventions collectives, partenaires sociaux, segmentation du marché du travail.

En se limitant à une présentation graphique simple et en insistant sur les déterminants de l’offre et de la demande, on expliquera l’analyse néo-classique du fonctionnement du marché du travail. Pour rendre compte de la spécificité de la relation salariale, on montrera l’intérêt de relâcher les hypothèses du modèle de base en introduisant principalement les hypothèses d’hétérogénéité du facteur travail et d’asymétrie d’information. À partir de quelques exemples, on montrera que le taux de salaire dépend également du résultat de négociations salariales et de l’intervention de l’État.

Acquis de première : salaire, marché, productivité, offre et demande, prix et quantité d’équilibre, asymétries d’information.

2.2 Quelles politiques pour l’emploi ?

Notions : Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d’emploi, qualification, demande anticipée, salariat, précarité, pauvreté.

Afin de montrer que la diversité des formes et des analyses du chômage explique la pluralité des politiques, on analysera les politiques macroéconomiques de soutien de la demande globale pour lutter contre le chômage keynésien, les politiques d’allégement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique, les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la composante structurelle du chômage. On soulignera que les politiques de l’emploi sont aussi fondées sur la prise en compte du rôle du travail et de l’emploi dans l’intégration sociale. On se demandera en quoi ce lien entre travail et intégration sociale est fragilisé par certaines évolutions de l’emploi.

Acquis de première : chômage, productivité, demande globale, politique monétaire, politique budgétaire, rationnement.

Savoir-faire applicables aux données quantitatives et aux représentations graphiques

L’enseignement des sciences économiques et sociales doit conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des documents statistiques ou pour présenter sous forme graphique une modélisation simple des comportements économiques ou sociaux. Calcul, lecture, interprétation
Proportions, pourcentages de répartition (y compris leur utilisation pour transformer une table de mobilité en tables de destinée et de recrutement)
Moyenne arithmétique simple et pondérée
Évolutions en valeur et en volume
Propensions moyenne et marginale à consommer et à épargner
Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
Écarts et rapports interquantiles
Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de variation, indices simples et pondérés Lecture et interprétation
Corrélation et causalité
Tableaux à double entrée
Taux de croissance moyen
Médiane, écart-type
Élasticité prix de la demande et de l’offre, élasticité revenu de la demande
Représentations graphiques : courbes de Lorenz, histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des séries chronologiques, y compris les graphiques semi-logarithmiques
Représentation graphique de fonctions simples (offre, demande, coût) et interprétation de leurs pentes et de leurs déplacements

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